Maxime Courcy - Métarmorphoses

Maxime Courcy - Métarmorphoses
Un Nelligan vieillissant (à droite) (60 ans - 1940)

Maxime Courcy – Métamorphoses


À mon très cher et ultime ami : Émile Nelligan (1879-1941)


J'ai senti des Sens s'enfuir au seuil de ma cervelle,
Contractés de Cristaux venant de Visions vides;
Et la Mort, ce messager, sème le mistral, elle,
Luira ma Proue ailée en fragments des Mères : Rides.

L'encens s'émanera sous un frisson Solitaire,
Dont les phalanges fixant l'Étoile qui fredonne
Cette aube du beffroi forme le Beau — satisfaire
L'affreux Corbeau musical de la Rose démone. —

Et tes Vers gémiront ma Vérité vagissante;
Notre poème : ces pleurs de nos têtes jumelles
Créeront en cet Écueil la Sylphide envahissante.

Et l'Or de L'Intelligence écroulera nos portes.
Et le Génie enjôle un vers, ces Voix éternelles :
Les lumières du Rêveur nous parlent — Nous, les Mortes — !

Sonnet Français De 13 Syllabes


Poème écrit à l'occasion du 129e anniversaire du poète et du 109e anniversaire de son internement.


Nota bene : Tous les mots mis en majuscule représentent les symboles principaux chez Nelligan.

La Pocatière, 22 décembre 2008
Recueil Poétique : Symbioses
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 27 décembre 2008 15:51

Modifié le dimanche 01 mars 2009 15:53

Maxime Courcy - Effrois Mystiques

Maxime Courcy - Effrois Mystiques
Effrois Mystiques


À mon meilleur ami : Pascal Létourneau.

Nos effrois ont fendu cette ficelle. Fantôme.
La gémellité s'afflue et le glaçon s'envole
Et l'étoile mystique étreint le tunnel. Un tome
S'écrivant dans la sclérose embrasse sous ma folle

Obsession le brasier brisant cette barrure.
Et le Noir névrosé lance un délire éthylique.
Souffrance paranoïa nous écrase. J'endure
L'Amour mortifiée en nos mânes. Mort rythmique.

Nos Univers ont servi les v½ux de la Séville
Sur l'Infini du gouffre et l'or de l'Intelligence
Fabule dans nos faisceaux. Vérité des fous : vrille.

L'Amour sur le Trépas multiplie encor divise
L'abandon le désespoir durant mon indigence
Mais notre clef magique accuse les mots en crise!

Sonnet Français De 13 Syllabes

Notes


Affluer (S') : Licence poétique.
Amour (L') : Ici, le vocable «amour» est en majuscule, car il représente l'allégorie de la femme; donc, le féminin s'applique.


La Pocatière, 1er décembre 2008
Recueil Poétique : Symbioses
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 17 décembre 2008 20:38

Maxime Courcy - Lettre À Un(e) Particulier(ère)

Maxime Courcy - Lettre À Un(e) Particulier(ère)
Lettre À Un(e) Particulier(ère)


La Pocatière, 25 novembre 2008


Bonjour!

Je sais très bien que l'on ne s'est guère parlé sérieusement depuis mon arrivée. C'est le moment de le faire! N'écoute pas ce que je dis; écoute ce que j'écris. La vie est souvent un gouffre sans fond; or, elle est auréolée d'un amalgame de sentiments puissants, mais aussi, d'un torrent confus et impassible. L'Amour est une implosion indigeste; il parcourt les sens sans trop se soucier du c½ur et de l'âme. C'est pourquoi, hélas, il frappe fort de façon pernicieuse sans nous avertir; on se morfond dans notre chambre noire et livide —; on fait le vide; et ses démons nous éclairent avec ses halos funestes. Le contraire est aussi vrai, mais les démons se transforment en anges sortis de l'Éden. L'existence, pour moi, est comme un livre aux pages infinies; des phrases se forment à chaque moment peu importe s'il est heureux ou malheureux. La page blanche n'existe pas; celle-ci apparaît lors de la mort physique, mais elle se détache dans l'au-delà : un nouveau livre surgit : celui de métamorphose, bref, dans le commencement de la seconde vie du haut de l'éther. Par contre, il faut le mériter. L'Enfer, son second versant, est bien réel et existe.

Tu es encore très jeune; laisse-toi guider par ton instinct; mais ici, je ne parle pas du c½ur. Si ton c½ur parle, arrête-toi et réfléchis; tu dois réfléchir, car l'Amour est trompeur; il baigne particulièrement dans un magma épais et opaque. Cet Amour est beau lorsque les rayons du soleil passent au travers. Mais, pour qu'ils puissent passer, il faut, de prime abord, faire confiance. Également, la communication est la clef du succès; sans elle, c'est le chaos. On doit le faire posément et avec respect; sinon une fissure s'installe et grandit; un gouffre se forge et les ailes de vos colombes se font brûler par un poison purulent.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 17 décembre 2008 20:31

Maxime Courcy - Femmes

Femmes


À toutes les belles femmes sur Terre.


Vos cous se courbent au creux de mon c½ur qui crépite
Et la flamme frémit sous le foyer des phantasmes.
Un torrent amoureux dort sur vos lèvres. J'invite
Mes doigts à parcourir les odeurs de ces miasmes!

Vos seins m'ont stimulé. Des sensations de sève
Persistent dans mon pénis. Et un lys s'illumine
Dans vos anus de vierge. Encor ce sang qui s'élève.
La passion se dessine et la peau s'insémine!

Vos cheveux ont vibré sur le versant des charmilles.
De grands parfums de velours visitent leurs effluves
Car l'Amour est profond. Toi tu jouis et tu brasilles!

Et la lumière émet émotions et mensonges.
Des fissures se refont dans les coins de mes cuves
Car cet Amour m'obsède en nourrissant mes noirs songes!

Sonnet Français De 13 Syllabes


La Pocatière, 12 novembre 2008
Recueil Poétique : Symbioses
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 14 novembre 2008 16:09

Maxime Courcy - Mascarade

Mascarade

Et la peur provoqua les poids empathiques.
Ce crucifix vierge imbiba la rivière
Et l'Amoure sortit des fleurs frénétiques
Dans cette contrée où mon trousseau s'enterre.

La pluie imprégna les portes du palace
Et les trois ténébreux transirent l'étoile
Lesquels de leurs doigts entreprirent l'efface
Pour s'offrir ce soleil où le sol s'étoile!

Et la fosse fronce encor les feux des capes.
L'inconnu dans la nuit note l'ineffable
Car les mots des morts sont maudits. Tu t'échappes.

Mais faut-il souffrir pour foncer en la file?
Les femmes ces joyaux méritent le sable.
Mon c½ur ce crachat s'affaiblit et défile!

Sonnet Français De 11 Syllabes


La Pocatière, 10 novembre 2008
Recueil Poétique : Symbioses





[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 10 novembre 2008 11:45