Maxime Courcy - Éphémère

Éphémère

Écorchez ce tronc. Et les flots *éphébiques*
Percutent le passé. Des fleurs cérébrales
Poussent sous les rails: lumières ascétiques.
L'espoir se perd au fond de ses encéphales!

Et l'effroi maternel ronge la névrose.
Frissons arc-en-ciel : mystère qui s'étrique.
Le silence est suicide au seuil et se pose
Dans ce grand miroir croulant vers le portique!

L'éphémère s'immole en son tombeau. L'ombre
Parcours le printemps. Et la passion perce
L'astre diamanté des morts sous le **trombre!**

Mon corps fut emporté dans ma solitude.
Le vent des cerveaux vomira sous l'averse
Et ma mère pleura comme à l'habitude.

Sonnet Français Hendécasyllabique

Repentigny, 1er août 2008
Recueil Poétique : Symbioses


Notes


*Éphébiques* : Mot inventé. Relatif à l'éphèbe.
**Trombre** : Mot inventé. Relatif au soleil.

# Posté le vendredi 01 août 2008 17:14

Modifié le vendredi 01 août 2008 20:21

Maxime Courcy - Démence

Démence


Un violon s'envole aux cordes de la démence
Et mon ciprus glacial récite ses névroses.
Spleen. Pression. Le stress de vivre encor ensemence
Ce train infernal frappant les torts que tu déposes.

La petitesse a porté sur mes pinceaux sa pierre.
Ce désarroi s'élève au blizzard. La bise est lune.
La fleur du chagrin frémit chuchotant l'éphémère
Et mon jumeau baisa mon front sans chaleur aucune.

Hier se rompt dans l'espoir de voir ma mère heureuse
Et l'immédiat s'enflamme aux effluences charnelles
Car le trépas persécute une présence affreuse!

Et la folie effrita le grand frisson phtisique
Qui dans sa solitude égara ses caravelles
Mais mon tic-tac détruisit son étoile ascétique!

Premier Sonnet Français De 13 Syllabes


L'inaccessible, dans des contrées abyssales, se joint...


Repentigny, 14 juillet 2008
Recueil Poétique : Symbioses



Notes

Ascétique : Doctrine morale fondée sur l'ascèse. L'ascèse est une discipline volontaire du corps et de l'esprit cherchant à tendre vers une perfection. L'ascèse vise à atteindre un idéal élevé, comme la santé, le bonheur, la sagesse, le salut, ou le nirvāna. Ce renoncement aux fruits de l'acte tout en s'y consacrant entièrement est une découverte religieuse qui se transmet depuis à d'autres domaines, comme l'art.
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# Posté le lundi 14 juillet 2008 14:18

Modifié le vendredi 18 juillet 2008 08:49

Maxime Courcy - Le Train De Minuit

Maxime Courcy - Le Train De Minuit
Le Train De Minuit

L'évasion s'envole en ces flots bipolaires
Et ce minuit pétrit le doux sein du silence
Dans ce train. Mon bronzé sillonne l'eau les terres
Et les sons assassins soufflent sang qui s'élance.

Il est de ces lueurs où naît cette espérance
Et le trépas a pleuré l'or des soirs polaires.
Un *ciprus* glacial s'espanit sous le rance
Près du cortex. **L'Amoure** est seule en ses calvaires.

J'ai voyagé dans ma tête aux heures des roses.
Mon père était beau ma mère était joliesse
Mais l'effritement frappa leurs effrois moroses.

*** Mon lys a deux cerveaux prisonniers de la cendre.***
Ma peur m'a plongé dans le spleen la petitesse
Et le train de minuit m'a heurté sans attendre!

Sonnet Français En Alexandrins


Repentigny, 25 juin 2008
Recueil Poétique : Symbioses

Notes


*Ciprus* : Cyprès en Hongrois.


**L'Amoure** : Ce terme est tiré du vieux français. Ce mot est féminin contrairement au terme moderne que l'on connaît aujourd'hui.

*** Vers hugolien***. Le vers hugolien admet à peu près n'importe quelle césure, tant que celle-ci ne sépare pas un déterminant d'un nom ou ce genre de chose.
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# Posté le mercredi 25 juin 2008 20:15

Modifié le dimanche 29 juin 2008 20:16

Maxime Courcy - Métaphore

Métaphore

Cet arbuste fouetta son parfum extatique
Et sous les cieux un spectre essuya ses suaires.
Mon bronzé percuta deux tombeaux millénaires
Déroutant le brouillard au front schizophrénique!

Un grand lys s'abreuva sur le sein du silence
Et la mort amputa l'or de la décadence
Qui fuit. Ce fut le froid l'effritement des frères
Sous le cristal glacé des regards éphémères!

La vie est métaphore où le vertige embrasse
Cet écrivain crevé cette fosse infernale
Et le mil huit cent un refait dès lors surface.

Je ne serai jamais un maître et l'héritage
Sera des bourgeons noirs pour cette ombre vernale
Qui palpite ses pleurs au creux d'un sarcophage!

Sonnet Français En Alexandrins


Repentigny, 10 juin 2008
Recueil Poétique : Symbioses
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# Posté le mercredi 11 juin 2008 13:18

Modifié le vendredi 27 juin 2008 19:02

Maxime Courcy - Angoisse Nostalgique

Maxime Courcy - Angoisse Nostalgique
Angoisse Nostalgique

À mon ami Jacques Ichard-Maury (Jim)


J'ai besoin d'affection j'ai besoin d'une femme
Car le papier de mon c½ur palpite au creux des pierres
Et l'acédia s'enflamme aux blizzards l'épithalame
S'écrit sous les tourments des comètes éphémères!

L'Amour brasille en ce fleuve bipolaire
Et l'angoisse gémit affligeant la glace.
Mon corps un abacule où l'effroi s'efface
Dans l'espoir noir de périr au front solaire!

Quelle est donc la raison quelle est donc cette souffrance
Qui chagrine la chair les reflets et lors relance
Ces matins d'hier percutant la tourmente?

La vie est un vieux voyage où la vigne s'envole
Et les mots semés par l'heure décadente
Prennent profit du trépas pleurant dans l'acropole!

Premier Sonnet Français De 13 Et De 11 Syllabes


Repentigny, 23 mai 2008
Recueil Poétique : Symbioses
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 16:38

Modifié le mercredi 23 juillet 2008 15:53